Cet épisode spécial de notre revue de web est entièrement constitué de portfolios. Il peut être considéré comme notre tout petit hommage à Rémi Ochlik, photo-reporter fauché à 28 ans par un nouveau bombardement à Homs, en Syrie.

 

In Memoriam : Rémi Ochlik (1983-2012) (Time)

Nous ne connaissions pas Rémi Ochlik, même si la lecture des quelques témoignages ayant suivi l’annonce de son décès peut nous laisser penser que nous aurions aimé bosser avec lui. Le garçon avait du talent, et pas qu'un peu. En faisant un tour sur son site, on peut suivre son évolution au milieu de combats de plus en plus chauds : émeutes étudiantes en France en 2006, Nord-Kivu en 2008, révolutions tunisienne et égyptienne en 2011, puis la Libye, et enfin la Syrie. Avec toujours cette volonté de montrer les risques pris par ceux qui luttent. Quitte à prendre les mêmes.

 

Afghans protest Koran-burning at Bagram (Washington Post)

Alors que les Etats-Unis viennent de lancer des négociations avec les talibans en passant par le Qatar, les responsables du service incinération de la base de Bagram ont sérieusement déconné. Sans que l’on sache encore trop pourquoi, ces soldats américains postés en Afghanistan n’avaient pas assimilé le fait que bruler des Corans était mal vu dans le pays. Plusieurs milliers d’habitants du coin ont donc assiégé la plus grande base de l’OTAN sur leur territoire et l’ont attaqué au lance-pierre.

 

Les rues où Google ne pensait pas se retrouver (The Guardian)

Google Actu a pourri le boulot des journalistes, Google Street view va enlever le pain de la bouche des photographes. A en croire cette sélection de clichés estampillés Google© et,sélectionnés par l'artiste Jon Rafman, « l'instant décisif » n'a en tout cas aucun secret pour les neuf objectifs fixés sur la voiture de l'autre start-up au G majuscule. Un « photo-reportage » exceptionnel qui laisse une question en suspens : que faisait une voiture au milieu d'une forêt où un mec se planque équipé d'un masque à gaz ?

 

Les abandonnés (Segio Larrain)

Avant d'être photographe, Sergio Larrain, décédé le 7 février dernier, était un mythe. Le seul Chilien à jamais avoir travaillé avec l'agence Magnum. Un mec qui aurait longé les canaux de Venise avec une princesse hongroise, se serait nourri d'aliments macrobiotiques en conformité avec les principes du Yin et du Yang et qui aurait vécu en ermite dans un hameau de la campagne chilienne. La seule certitude, c'est que le bonhomme était costaud appareil à la main, en témoigne cette série de photos sur les enfants vagabonds vivant sous les ponts du fleuve Mapocho.



La photo à la une

La fin de l'espèce (Gaëlle Pitrel)