Nuit d'amour avec Christophe Hondelatte

 

 

Auteur de chansons What the Fuck contre vents et marées, capable de quitter les programmes qu’il présente comme ceux auxquels il est invité sur un coup de tête, Christophe Hondelatte est peut-être l’animateur le plus sincère et keupon du PAF. Le 4 décembre, il a encore pris tout le monde à contrepied en se pointant avec son groupe au Batofar, une salle flottante plus habituée à l’électro qu’à la variété. Et une salle loin d’être pleine ce soir-là. C’est le problème du contrepied. Parfois, plus personne ne vous suit.

 

Par Thomas Pitrel

Photos : Bertrand Doudet

 

Un mardi soir au Batofar, ce sont avant tout des cols blancs un peu jeunes et un peu branchés qui viennent écouter un DJ qui mixe sur une belle terrasse couverte et chauffée, tout en s’enfilant un demi à 5 euros ou un verre de rouge et en picorant une assiette de charcuterie. Le dernier en date n’a pas dérogé à la règle. Sauf qu’à cette faune, vous pouviez rajouter le cauchemar de ces frais trentenaires : des vieux, des gamins, bref, des familles !

 

Bon, pas des brouettes non plus, à peine de quoi réunir une centaine de personnes dans la salle de concert de la péniche. C’est un peu triste à dire, en y réfléchissant bien, mais la plupart d’entre eux ne sont pas venus voir Christophe Hondelatte, la vedette de la soirée, mais Deuce, une première partie qui a ramené tous ses potes pour sa première heure de gloire. Au programme : rock en anglais d’adolescents à tignasses devant les yeux, jeunes filles en fleur au premier rang et un homme aux cheveux blancs qui s’endort tranquillement, assis dans un coin.

 

 

Nous aurions peut-être préféré rester sur cette image, d’ailleurs, plutôt que de devoir assister à la gêne d’une deuxième première partie jouée devant une dizaine de personnes un peu perplexes. Il faut dire que la musique et les paroles de Psyché (http://www.groupepsyche.com/) ne se laissent pas apprivoiser par n’importe qui. Stéphane, le chanteur au clavier, annonce une chanson sur l’inceste, une poignée d’ados égarés débarque, vanne à voix haute, feint l’admiration à grand renfort d’acclamations rigolardes. Un moment qui donne envie d’aller prendre l’air, de fumer une clope et de se vider un seau de whisky dans le gosier pour tout oublier et reprendre le cours de sa vie comme si de rien n’était.

 

Heureusement que le sourire de Christophe est là pour rattraper le coup. Manifestement, Mister Hondelatte n’a pas été marqué par son énième coup de gueule télévisé, contre Dave, sur Paris Première, et le nouveau buzz médiatique qui s’en est suivi. L’homme a l’habitude, il a le cuir tanné, même s’il répète à chaque fois qu’on ne l’y reprendra plus. Sur scène, il se livre : « Je suis quelqu’un qui ne croit pas à grand-chose. En tout cas pas aux héros, aux gens formidables. Je crois plutôt aux salopards. C’est ce qui m’a permis de vous raconter pendant douze ans des histoires horribles. » Emouvant. Mais ce soir, l’ancien animateur de Faites entrer l’accusé ne va pas sortir de ses gonds. Il est dans son élément, et devant ses amis, anonymes ou pas, comme Joseph Macé-Scaron ou Nicolas Poincaré. « C’est lui qui m’a donné le surnom de ’22 au Black Jack’, le morceau que je viens de vous jouer », lâche le chanteur au milieu de son show.

 

 

Alors certes, malgré son statut de personnalité publique, il n’y a pas foule ce soir au Batofar. Même les curieux se font rares. « On voudrait toujours qu’il y ait plus de monde, nous avouera Christophe plus tard. Là il y avait une bande de jeunes qui dansait devant, ils étaient bourrés comme des cochons, mais c’était sympathique. J’ai un très bon radar à animosité, et là je peux vous dire qu’il n’y en avait pas. » L’artiste finit même par faire monter sur scène trois fans hardcore, en t-shirts homemade « Cricri on t’aime ». A la fin du concert, les fous vont faire péter la bouteille de champagne à 100 euros au bar pour en servir une coupe à leur idole avant de lui proposer une tournée des grands ducs dans la nuit parisienne. Christophe refuse poliment : demain, il a concert à Nantes et c’est lui qui conduit. De toute façon, on finit par apprendre que le trio ne vibre pas vraiment d’un amour sincère et désintéressé. « On est journalistes pour Voici, en fait. On est venus pour rigoler, mais pas pour se moquer. On aurait bien aimé écrire un papier de quatre pages sur comment on a fait dormir Christophe Hondelatte sur notre canap’. » A la place, ils ont donc écrit ça : http://www.voici.fr/news-people/actu-people/on-a-teste-un-concert-de-christophe-hondelatte-473336

 

En entrant sur scène, Christophe avait courageusement lancé « il faut l’assumer, alors on l’assume », juste après son fameux « Docteur House » et juste avant sa « Cybernight », les deux singles qui ont fait sa renommée chez les moqueurs des réseaux sociaux, et qui sont aussi les deux morceaux joués en rappel. Ouais, le public exigeait « Conjugaison », sans doute la track la plus folle du premier album d’Hondelatte, mais pas moyen : « Désolé, mais on ne l’a pas jouée depuis un an, et les musiciens n’ont pas les partitions. » Allez, on va leur pardonner, comme on va leur pardonner la petite heure de concert au total. Pourquoi ? Parce qu’on a eu droit à des inédits, putain ! Autant tuer le suspense, la deuxième galette du troubadour va avoir une connotation carrément cul. Outre « Cybernight » et ses « toilettes du Grand Rex », on a par exemple eu droit à « Puceau » (« Elle est pour vous celle-là, les jeunes »), qui raconte l’histoire d’« un mec qui traîne derrière lui des testicules d’Hercule », et à un « 100% Latex » inspiré d’une histoire vécue « avec une personne qui est dans la salle ce soir ». Chaud comme la braise, Christophe nous envoie un scoop avant de nous quitter : « On pense à Philippe Katerine pour produire l’album. » Après sa mini-tournée, il se lancera à corps perdu dans sa nouvelle émission sur Nouvelle 23, un nouveau canal de la TNT dont il est la tête d’affiche. Espérons qu’il ne se cassera pas du plateau.

 

 

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