Gaza : Garde la pêche

 

 

Dans le conflit de toute évidence inextricable qui oppose Israël et Palestine, le calvaire vécu par les pêcheurs de Gaza est sans doute l’une des clés qui permet de comprendre le mieux la situation. Pointant la deuxième Intifada, l’arrivée du Hamas au pouvoir et les tirs de roquettes, l’Etat hébreu a petit à petit réduit à peau de chagrin la zone dans laquelle ont le droit de voguer les embarcations du territoire palestinien, aggravant encore la situation humanitaire de ce bout de terrain coincé contre la mer Méditerranée. Les témoignages, validés par les ONG et les agences de l’ONU, parlent d’eux-mêmes : les réserves de poissons s’épuisent, les bateaux sont pris pour cibles par les tirs de la marine israélienne, les pêcheurs sont foutus à poil dans l’eau glacée, se font confisquer leur bateau et sont parfois gardés arbitrairement en taule. Et comme le Hamas n'est pas plus enclin à leur balancer une bouée, les pêcheurs de Gaza boivent tasse sur tasse. Nous avons rencontré ces gens déjà au bout du rouleau, quelques mois avant la nouvelle explosion de violence du mois dernier.

 

Par Yann Renoult, à Gaza, et Thomas Pitrel, au téléphone

Photos : Yann Renoult

 

Avant de causer la mort de plus de 160 Palestiniens et de 6 Israéliens entre le 14 et le 21 novembre derniers, l’Opération Pilier de Défense (ou Colonne de Nuée en hébreu) avait tristement été déclenchée comme n’importe quelle petite baston de cour d’école. Chacun accuse l’autre d’avoir commencé, alors que croire ? Cette nouvelle explosion de violence à Gaza a-t-elle débuté avec l’attaque israélienne du 8 novembre, qui a couté la vie à un gamin palestinien de 13 ans sur un terrain de foot ? Ou avec des attaques répétées de soldats de Tsahal et une recrudescence de tirs de roquettes les jours précédant l’opération ? Ou bien Israël a-t-il complètement pété un boulon en atomisant la voiture d’Ahmed Jaabari, le chef militaire du Hamas, le 14 novembre alors qu’un cessez-le-feu était apparemment en négociation ?

 

Vue de l’extérieur, la situation paraît complètement imbitable, mais bizarrement elle devient beaucoup plus simple dès que l’on prend le point de vue de l’un des deux camps. Le 22 octobre dernier, nous avions passé un coup de fil au capitaine Eytan Buchman, responsable des médias américains pour Tsahal, qui nous a exposé sa vision des choses : « En 2005, il y avait 13 000 Israéliens touchés par les roquettes de Gaza. Aujourd’hui, ce sont un million d’Israéliens. C’est devenu un mode de vie en Israël. La première chose que vous faites quand vous arrivez à l’école, c’est un entraînement pour se protéger des tirs de roquettes. Il faut être capable d’aller en 30 secondes de la classe jusqu’à l’abri. […] C’est un besoin basique du gouvernement, de protéger les gens pour qu’ils ne se fassent pas tirer dessus. » En nous expliquant cela, le capitaine Buchman ne nous annonçait pas en exclusivité l’intention de l’armée israélienne de mener des raids sur l’enclave palestinienne. Nous ne l’appelions pas pour cela. Aussi étrange que cela puisse paraître, il nous parlait ici de la situation des… pêcheurs de Gaza.

 

 

Serrés comme des sardines

 

Depuis l’an 2000, leur vie est en effet symbolique de ce qui se passe dans ce coin du monde. Alors qu’en 1993, les accords d’Oslo signés entre l’Israël de Yitzhak Rabin et l’OLP de Yasser Arafat autorisaient l’accès à une zone de pêche de 20 miles nautiques, la deuxième Intifada a amené l’Etat hébreu à la réduire à 12, puis 6 miles. A l’occasion de l’Opération Plomb Durci, consécutive à la prise du pouvoir par le Hamas dans la Bande de Gaza, en 2006, Israël a fait passer la limite à 3 miles, c’est à dire à peine 5 kilomètres. On savait déjà que les Gazaouis étaient serrés comme des sardines sur terre, en partie à cause de la « no-go zone » leur interdisant de s’approcher à moins de 500 mètres de la frontière de 1949, c’est désormais également le cas sur les flots. La zone des 3 miles est en effet un mouchoir de poche pour les quelques 3700 pêcheurs officiels, dont dépendent 70000 personnes.

 

« Les 6 miles posaient déjà problème, mais la nouvelle réduction a provoqué un énorme déclin pour la pêche à la sardine, qui se trouve essentiellement entre 3 et 8 miles, explique Simon Boas, représentant à Gaza de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture). Or la sardine représentait 70% de l’ensemble de la pêche. En 2007 et 2008, 2000 tonnes de sardines étaient encore pêchées, en 2011 ce n’étaient plus que 384 tonnes. Le total de la pêche est passé de 2845 tonnes à 1492 tonnes, selon nos études. » Pour assurer le renouvellement des sardines dans la zone, il faudrait s’arrêter de travailler trois mois dans l’année, ce qu’aucun travailleur de la mer ne peut en réalité se permettre sans affamer sa famille.

 


 

Après trois heures en mer passées avec Fadel, nous ne revenons au port qu’avec trois kilos de poisson, vendus 50 shekels, soit 10 euros. Son salaire mensuel, comme celui de ses collègues, n’atteint que rarement les 1000 shekels (200 euros), ce qui n’est souvent même pas suffisant pour rentabiliser la sortie si l’on prend compte l’entretien, l’équipage, l’armateur et, pire que tout, le fuel. Les pêcheurs sont ainsi dépendants des arrivées de pétrole par les tunnels qui relient la Bande de Gaza à l’Egypte. Au mieux, c’est très cher, au pire, il y a une pénurie et ils doivent rester à terre, les doses d’essence distribuées par le gouvernement à chacun d’entre eux une fois par semaine ne suffisant pas pour prendre la mer. A Gaza, quand les pêcheurs restent à quai, un marché parallèle se met en branle, utilisant les mêmes tunnels depuis l’Egypte, mais cette fois-ci pour importer directement du poisson. Du poisson pas frais, qui a parfois pourri pendant le voyage, mais qui est vendu à des prix inférieurs à ceux des Palestiniens, instaurant une concurrence déloyale.

 

Sécurité minimale et iphone 5

 

 

Autour de Fadel, la plupart des pêcheurs avouent, une boule dans la gorge, dépendre des aides alimentaires des Nations unies pour nourrir leur famille. « Nous soutenons des projets, nous leur fournissons certaines choses, parfois du travail, poursuit Simon Boas. Nous essayons également de soutenir la pisciculture. Nous avons aussi essayé de faire connaître ce problème, parce que c’est malheureusement la seule chose que nous pouvons faire. » Pas de quoi donner le sourire à Simon. « Nous avons réussi à obtenir du soutien et à faire connaître le problème, mais malheureusement la situation est toujours celle de la limite des 3 miles, et 90% des pêcheurs sont sous le seuil de pauvreté, donc il serait difficile de parler d’un grand résultat. » D’autant plus qu’Israël n’a pas arrangé les choses en interdisant de surcroit les embarcations à moteur de plus de 25 chevaux, poussant de nombreuses familles à abandonner leur chalutier et rendant plus dangereuses les conditions de travail.

 

Pour Mahmoud Mustafa, pêcheur, il s’agit d’« un retour vers le passé. Dans les plus petites embarcations, il faut hâler le filet à la main, plusieurs fois par jour. Les équipements sont rudimentaires. Les conditions de sécurité minimales ne sont pas assurées, et régulièrement des pêcheurs sont blessés ou meurent noyés en travaillant.» En août 2010, un rapport mené par la FAO et le bureau des Affaires humanitaires de l’ONU dans les Territoires palestiniens occupés (OCHA-OPT) finissait par dénoncer l’« impact humanitaire des restrictions imposées par Israël sur l’accès la terre et à la mer dans la Bande de Gaza » au cours des dix dernières années. « Mais en 2012, il y a beaucoup d’endroits sur terre où les gens ont faim, rétorque le porte-parole israélien Eytan Buchman. Je peux même vous citer des endroits en Israël où les gens ont faim. La question, c’est qu’est-ce que fait le gouvernement local contre ça ? Nous, nous envoyons des centaines de camions à Gaza, nous pourrions en envoyer davantage mais le Hamas refuse. D’après ce que je sais, il n’y a pas de crise humanitaire dans la bande de Gaza. Si vous regardez sur internet, vous verrez des photos de centres commerciaux, ou de l’iphone 5 qui est déjà vendu à Gaza alors qu’il ne l’est pas encore en Israël. » Argument développé sur le site de la défense israélienne, mais repoussé par Tariq Mukhimer, du bureau du Haut commissariat aux droits de l’homme des Nations unies (OHCHR) à Gaza. « C’est vrai, il y a l’iphone 5 et des appartements luxueux, mais la vraie question est : qui peut se les offrir ? s’interroge-t-il. Au moins 28% de la population de Gaza est au chômage, 34% vivent en dessous du seuil de pauvreté. Et les gens ont choisi leurs dirigeants après des élections démocratiques. Il n’y a aucune raison de sanctionner le peuple pour la façon dont il choisit ses dirigeants. »

 


 

A poil dans l’eau glacée

 

Où l’on soulève la « question qui tue » : qu’est-ce qui peut bien pousser les autorités israéliennes à vouloir autant contrôler des gens qui a priori ne font que jeter des filets et des casiers dans la flotte ? Le capitaine Eytan Buchman a sa réponse toute prête : « nous devons être certains que les terroristes de Gaza n’obtiennent pas d’armes sophistiquées. Et chaque année, nous arrêtons un bateau qui en transporte, comme le Victoria, qui avait à son bord des missiles antinavires. C’est une vraie menace. » Sauf que le Victoria était un cargo voguant sous pavillon libérien, le genre de vaisseau que ne risquent pas d’utiliser les pêcheurs gazaouis. « Nous reconnaissons le besoin des pêcheurs de Gaza et de la population de manger du poisson, c’est pourquoi nous ne les maintenons pas à terre, mais il faut savoir jusqu’où on les laisse aller avant qu’ils n’ajoutent une nouvelle menace à Gaza, ajoute alors le capitaine. Les terroristes sont extrêmement créatifs. »

 

Perplexe, Zaccharia, de l’union des pêcheurs, a du mal à gober l’argument : « Aucun bateau n'a été arrêté avec des armes. Les pêcheurs ne sont ni des terroristes ni des combattants. » Pourtant, tous ont une histoire à raconter sur le harcèlement dont ils sont victimes de la part de la marine israélienne, qui quotidiennement s’amuserait à faire chavirer leurs bateaux ou tout simplement à les tirer comme des lapins. « Lorsqu’ils repèrent une embarcation suspecte, nos soldats font tout pour éviter les mesures violentes, assure pourtant Eytan Buchman. La première chose à faire est de s’assurer que les gens savent qu’ils sont dans la mauvaise zone, en les prévenant. S’ils continuent à approcher, nous tirons en l’air. Ensuite, s’ils continuent d’approcher, souvent les soldats essaient d’abord de tirer dans le moteur afin d’immobiliser le bateau, puis l’emmènent jusqu’à un port israélien pour être sûrs que les gens à bord ne sont pas des terroristes. Puis ils les renvoient à Gaza. » Le port israélien en question est généralement Ashdod, une ville côtière à quelques kilomètres au nord de la bande de Gaza. Et ceux qui y sont passés ont souvent une autre version des faits.

 

La criée, comme son nom l'indique

 

Un jour, en plein hiver, l’équipage dont faisait partie Zaki a quitté Gaza à 5h du matin et pris le risque de rejoindre les eaux égyptiennes, traversant donc une zone interdite. La pêche est bonne mais en revenant, de nuit, les navires israéliens les prennent en chasse dès leur entrée dans les eaux palestiniennes avant de leur tirer dessus. « Ils hurlaient dans leur mégaphone d’arrêter le bateau et de retirer le moteur, se souvient Zaki. Mais le capitaine ne parlait pas hébreu et il ne pouvait rien entendre à cause des coups de feu. Il a reçu trois balles dans la poitrine. » Alors que nous sommes dans les 40 jours les plus froids de l’année, les soldats les auraient forcé à se déshabiller à 4 miles du port israélien (une histoire récurrente dans les témoignages recueillis). Après avoir été relâché à Erez, à la frontière, Zaki est resté deux semaines alité. De toute façon, le bateau avait été confisqué et le capitaine, blessé, condamné à trois ans de prison. Il y est toujours, même si le reste de l’équipage ne sait pas pour quel motif. Un exemple parmi d’autres qui illustre un modus operandi bien différent de celui évoqué par Eytan Buchman, mais repris en chœur par tous les pêcheurs rencontrés : l’interpellation ; les tirs ; les blessés qui ne reçoivent pas d’aide même quand ils ont perdu un membre, comme ça arrive parfois ; l’obligation de sauter à poil dans l’eau glacée ; et surtout la confiscation du matériel, souvent hors de prix.

 

« Ces terroristes exploitent nos valeurs »

 

Le porte-parole de Tsahal nie en bloc, demande des noms, des dates, des faits précis, mais il est de toute façon difficile de trouver des témoins en pleine mer. Ceux qui ont déjà choisi leur camp n’en changeront donc pas en lisant les témoignages et les arguments sur le sujet. « Je ne veux pas répondre à cela parce que je connais leur politique, pose Eytan Buchman. Tout le monde sait que des soldats sont tenus de suivre un code d’éthique très fort. Mais nous sommes dans un contexte où des civils sont des terroristes, où ces terroristes tirent des roquettes à côté de maisons de civils, dans les cours d’école. Les gens qui nous combattent ne sont pas une armée normale, ils ne portent généralement aucun uniforme. Si vous parlez à n’importe quel officier dans ces endroits, ils vous diront que ces terroristes exploitent nos valeurs. Ils savent que nous n’allons pas ouvrir le feu sur les gens. » Le paroxysme du dialogue de sourds, puisque de l’autre côté, les pêcheurs, appuyés par les organisations internationales présentes sur place, affirment que non seulement la marine militaire israélienne ouvre le feu, mais qu’elle le fait de plus en plus à l’intérieur même de la zone des trois miles nautiques.

 

Rami affirme qu'il pêchait à deux miles des côtes, en 2007, lorsque l'armée israélienne a ouvert le feu sur lui, le prenant pour un trafiquant d'arme.

 

Fadel, par exemple, raconte que le 20 juin 2012, lui et son équipier se sont retrouvés sous le feu des canonnières alors qu'ils se trouvaient à environ 2 kilomètres de la côte. « Malgré nos supplications, les soldats nous ont fait nous déshabiller, nous ont arrêtés avec d'autres pêcheurs aux alentours et nous ont emmenés au port d'Ashdod, raconte le pêcheur. Nous avons été relâchés le lendemain au checkpoint d'Erez. Mon bateau avec tout son équipement, filets, moteurs, instruments, a été confisqué. Je n’ai aucun espoir de le récupérer. » Tariq Mukhimer, de l’OHCHR, évoque même une information plus grave bien que passée quasiment inaperçue : « En septembre dernier, un homme s’est fait tirer dessus et est mort alors qu’il utilisait des filets de pêche depuis la rive.Il n’y avait aucune raison de tirer sur quelqu’un qui pêchait depuis la rive. D’après ce que nous savons, il n’y a de toute façon aucune preuve que des pêcheurs transportent des armes, ou quoi que ce soit d’autre vers Gaza. » Si c’était le cas, peut-être que ceux-ci pourraient au moins compter sur une aide plus significative du Hamas.

 


 

Cessez-le-feu et faux espoir

 

Car le mouvement au pouvoir dans la Bande de Gaza n’est pas forcément porté aux nues par les travailleurs que nous rencontrons, malgré les quelques emplois de maitres-nageurs qu’il propose aux plus démunis. C’est le cas de la famille de Madeline Kullab, une jeune fille de 18 ans. Lorsqu’elle en avait 12, son père s’est gravement blessé lors d’une sortie en mer et n’est plus capable d’exercer son métier depuis. Madeline, qui l’accompagnait déjà sur le bateau toute gamine, et qui avait pris goût au boulot, a donc décidé de le remplacer. Si le blocus lui pose les mêmes soucis qu’aux autres, pour son père, le pire cauchemar reste le Hamas. « Je me suis fait arrêter plusieurs fois et Madeline a dû négocier avec la police pour que je sois libéré, raconte-t-il. La première fois, un officier nous a dit qu’il avait un document nous interdisant d’accéder au port et à la plage et de partir en mer, tout en refusant de nous le montrer. » Madeline a fini par se tourner vers des ONG, l’officier a été renvoyé, mais depuis la police la harcèle pour se venger. Peu de temps après notre rencontre, elle sera d’ailleurs arrêtée sous prétexte qu’elle parle trop aux journalistes. Lorsque la famille a réussi à acheter un bateau à moteur, le Hamas l’a confisqué, et il a aussi refusé d’allouer à Madeline le couloir de 100 mètres qui permet au pêcheur de se rendre à la mer depuis sa cahute. Celle de la jeune fille a d’ailleurs été incendiée, pour la forme.

 

Madeline et le daron

 

C’est peu de dire qu’au milieu de tout ça, les pêcheurs respireraient déjà un peu mieux avec une petite extension de leur lieu de travail. Ils y ont d’ailleurs cru un moment. Lorsque le cessez-le-feu est entré en vigueur le 22 novembre dernier, il a en effet été annoncé que la limite avait été repoussée à six miles. Sauf qu’entre le 28 novembre et le 1er décembre, d’après le Centre palestinien des Droits de l’homme, au moins 29 pêcheurs auraient été arrêtés avec tout le cérémonial des tirs, du déshabillage, du saut à poil dans l’eau et de l’interrogatoire, avant d’être, pour la plupart, relâchés. Ceux-ci étaient apparemment à l’intérieur des six miles, voire à moins de trois miles des côtés, mais il semblerait que tout le monde ne soit pas d’accord sur la règle à appliquer au sein de la marine israélienne. « Nous avions l’habitude de gagner correctement notre vie, nous ne voulons pas des aides, clame Zaccharia, de l’union des pêcheurs. Nous voulons travailler, et que les Israéliens respectent les accords signés. Nous voulons que l’Europe pousse Israël à lever le siège maritime de Gaza. Les aides des ONG deviennent pénibles et humiliantes. » Avant de nous quitter, il répète une dernière fois que sans les restrictions, les pêcheurs n’auraient pas besoin de cette charité. « Tous les pays avec des côtes ont le droit de pêcher où ils veulent. Mais à Gaza, les pêcheurs ne peuvent pas pratiquer leur métier. » Ils se consoleront sûrement en se disant qu’eux, au moins, ont l’iphone 5.

 

Tous propos recueillis par YR et TP

 


 



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La fin de l'espèce (Gaëlle Pitrel)